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Communiqué du 8 octobre 2020

Devant l’émotion, légitime, des salariés de Suez suscitée par la décision du Conseil d’Administration d’Engie, la Fédération Nationale Construction-Bois CFDT, réaffirme clairement ses positions. Quelle que soit la pertinence économique du projet porté par la Direction de Veolia et la sincérité de ses engagements sociaux, il ne pourra se justifier au détriment de l’intérêt des salariés de Suez. Et s’il aboutissait, il ne pourra réussir sans leur pleine et entière adhésion !

pdfCommuniqué FNCB-CFDT: Engie-Suez-Veolia : en attendant la responsabilité sociale des entreprises…

Le Conseil d’Administration d’Engie a pris sa décision sur base de la seule logique financière. C’est bien entendu un argument, et c’est d’ailleurs le seul.
Mais les intérêts des uns n’étaient pas forcément contradictoires avec les droits des autres. Droits de 90.000 salariés à exprimer leur avis sur un projet qui bouleverse potentiellement leur avenir professionnel et donc social dans un contexte de pandémie mondiale et de récession économique historique ! On a déjà connu environnement plus serein pour subir une OPA pour le moins « non souhaitée » pour le dire pudiquement…

Le délai de 6 semaines demandé, et soutenu par FNCB-CFDT était-il donc déraisonnable au regard de ce contexte et de la nature spéciale de la rivalité historique entre les 2 groupes ? Ce sursis n’aurait-il pas permis à Engie de valoriser autant sa participation chez Suez, via l’offre du Fonds Ardian, tout en lui permettant une séparation la tête haute avec son partenaire depuis 12 ans ? Nous ne le saurons donc jamais puisque le Conseil d’Administration d’Engie n’a pas accordé ce « temps raisonnable ».

Les administrateurs se sont retranchés derrière les intérêts des salariés d’Engie. Nous ne sommes pas certains, si on leur posait la question, que les salariés d’Engie seraient emballés de la manière dont on vient de traiter leurs désormais ex-collègues… Ni que cela participe à les rassurer pleinement avant les prochaines opérations de délestage, pardon, de réorganisation qui les attendent également selon les plans annoncés par la Direction.

Au rayon des vainqueurs de ce mariage forcé on attendra aussi encore un peu avant d’y ranger les salariés de Veolia qui ne savent pas encore non plus le prix qui leur sera demandé pour constituer le futur champion français de l’environnement…

En attendant ces lendemains enchanteurs, la FNCB-CFDT ne peut donc en l’état évaluer que les faits suivants : une cession précipitée, un groupe de 90.000 salariés entravé dans son fonctionnement normal par la perspective de plusieurs mois de guérilla juridique, le tout sur fond de pandémie et de menace économique majeure… Charmant tableau.

Qu’on ne cherche pas dans ces lignes de parti-pris, jugement moral ou volonté polémique mais seulement l’affirmation de la réalité suivante : Quelle que soit la pertinence économique du projet porté par la Direction de Veolia et la sincérité de ses engagements sociaux, il ne pourra se justifier au détriment de l’intérêt des salariés de Suez. Et s’il aboutissait, il ne pourra réussir sans leur pleine et entière adhésion !
La FNCB-CFDT assure donc tous les salariés de Suez, de Veolia et d’Engie de sa détermination à continuer de porter leur voix, demain comme aujourd’hui, dans le seul souci de l’intérêt général