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Pour la première fois depuis plus de huit ans après le début de la crise des subprimes, la croissance semble redémarrer … 
Le secteur de la construction qui est un pilier important de l’économie française, voit depuis début 2017 une nette amélioration de son activité économique et ce principalement dans le secteur du bâtiment. 
Ce contexte de reprise économique, tant attendu, constitue une des conditions essentielles dans notre modèle économique pour créer de l’emploi et faire reculer le chômage.

Mais cette rentrée estivale est dominée par la réforme du code du travail et la rédaction des ordonnances. Une réforme du code du travail voulue et annoncée dans sa campagne par le Président de la République pour relancer l’emploi et renforcer le dialogue social.
Pour ce qui est des effets d’une telle réforme sur l’emploi, nous savons déjà qu’il n’y a pas de corrélation entre les deux. La CFDT l’a d’ores et déjà rappelé à maintes reprises. Pour ce qui est du renforcement du dialogue social, la CFDT se doit d’être attentive et soucieuse à regarder comment renforcer le dialogue social notamment dans les entreprises de moins de 300 salariés.
Aujourd’hui, le contenu des ordonnances est connu et l’équilibre entre plus de flexibilité et plus de sécurité n’est pas garanti. Pour ma part, j’espère que la vision du président Macron du renforcement du dialogue social coïncide avec celle de la CFDT.

En France, le syndicalisme souffre des procès à répétition de manque de légitimité. Sa place dans les entreprises mais aussi en tant que corps intermédiaire dans la société civile est encore trop souvent remise en cause. La présence du syndicalisme dans de nombreuses entreprises provoque des allergies à de nombreux employeurs car il est considéré comme engendrant de la conflictualité. Combien de fois peut-on encore entendre des employeurs dire, « il n’y a pas besoin de syndicats dans mon entreprise, moi je suis proche de mes salariés et on se parle… ». Or, il suffit de constater que la majorité des procédures au Conseil de Prud’hommes concernent des salariés et des entreprises sans présence syndicale. La raison est donc probablement ailleurs et au-delà de la simple question de la présence du syndicalisme dans les entreprises…

La liberté syndicale est indispensable dans une société démocratique. Elle permet à tout individu de défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et d’adhérer au syndicat de son choix hors de tout contrôle de l’employeur. Cette liberté, de nombreux militants syndicaux la paye au prix de leur vie dans de nombreuses régions du monde.

Aujourd’hui, une partie des mesures annoncées dans la réforme du code du travail ne conviennent pas à la CFDT. Notre terrain d’action dans les années à venir sera les entreprises pour répondre à cette question récurrente posée par de nombreux salariés : à quoi ça sert d’être adhérent et qu’est-ce que cela m’apporte de plus par rapport aux autres salariés ? Notre légitimité doit reposer sur le nombre de nos adhérents. Il faut convaincre les salariés d’aujourd’hui de l’intérêt d’être « syndiqué », nous devons redonner du sens au syndicalisme d’adhérents !

Rui Portal, Secrétaire Général de la FNCB-CFDT