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Rarement la situation économique et sociale aura été aussi incertaine. D’un côté on nous dit, il faut rassurer les Français. Il faut qu’ils consomment. De l’autre, la situation sanitaire se dégrade à nouveau. On ferme les bars, les restaurants. On parle même de reconfiner… Impossible ou presque dans ces conditions de pouvoir se projeter dans le moyen terme.

Au niveau interprofessionnel, la crise frappe certains secteurs en plein cœur : l’aérien, l’automobile, le textile, le tourisme, … Ce sont principalement dans ces branches qu’on trouve les licenciements économiques (près de 400 PSE déclenchés depuis mars), les APC (accord de performance collective) et maintenant les APLD (activité partielle de longue durée), …

Dans les branches de la construction et du bois, pour l’instant, on a échappé au pire. On craignait jusqu’à 200.000 suppressions d’emploi dans le bâtiment. Mais pour le moment on est même en légère progression au niveau des embauches par rapport à 2019. Nos secteurs devraient même largement bénéficier du plan de relance de 100 milliards annoncé d’ici 2022. Près de 7 milliards d’Euros sont en effet prévus pour la rénovation thermique des bâtiments dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Un chantier colossal qui concerne potentiellement près de 5 millions de logements d’ici 2022. Cela nécessitera des efforts considérables de formation pour les salariés et de transformation pour les entreprises aussi bien sur les méthodes de construction que sur les matériaux utilisés.
On attend aussi la confirmation de bonnes nouvelles sur le chantier vital de l’apprentissage. Malgré les craintes, le nombre d’apprentis enregistrés à la rentrée 2020 devrait rester dans la lignée des chiffres historiques enregistrés l’an dernier.

Dans les entreprises, les élu(e)s vont encore être en première ligne pendant les prochains mois. Il faudra assurer les négociations obligatoires repoussées pendant plusieurs mois, poursuivre la surveillance de la situation sanitaire et éventuellement négocier les dispositifs provisoires en cas d’activité réduite, …
Face à cette situation et aux mutations profondes qui s’annoncent dans le monde du travail, nous avons été amenés à refuser plusieurs accords de branche qui selon nous ne prenaient pas assez en compte l’urgence de la situation et la sécurisation des parcours professionnels des salariés.
L’employabilité sera au cœur des enjeux syndicaux les prochaines années et nous continuerons à revendiquer dans les branches une vraie prise de conscience des entreprises quant à leurs responsabilités sociales sur ces sujets.